Pluies diluviennes à répétition à Abidjan : « Les solutions inopérantes de Ouattara » (Générations Nouvelles)

  • publiè le : 2024-06-20 13:30:58
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Pluies diluviennes à répétition à Abidjan : « Les solutions inopérantes de Ouattara » (Générations Nouvelles)
Cette année encore la saison des pluies aura causé des morts et de nombreux dégâts matériels dans la capitale économique ivoirienne, Abidjan. Une preuve, s'il en fallait, que le régime Ouattara est loin d'avoir trouvé la bonne solution pour endiguer ce phénomène cyclique.


C'est au pied du mur qu'on voit le bon maçon ! Après avoir critiqué pendant longtemps son prédécesseur, Laurent Gbagbo, jugé incapable de régler le problème des inondations dans la capitale économique ivoirienne, le chef de l'Etat ivoirien est lui aussi en train d'étaler son impuissance à trouver une solution pérenne aux dégâts causés par les pluies diluviennes à Abidjan. Signe qu'Alassane Ouattara peine lui aussi à faire face durablement aux inondations, surtout à Abidjan, cette année encore, la saison des pluies, en quelques jours seulement, a déjà causé la mort de 8 personnes au moins et provoqué des dégâts matériels très importants.

Une situation qui survient au moment où, pour éviter ce genre de scénarios catastrophiques, le président du Rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) a chargé l'ancien ministre de l'Enseignement supérieur, Ibrahima Cissé Bacongo, nommé en décembre 2023, gouverneur du district d'Abidjan, de réduire en poussière tous les quartiers précaires dans la capitale économique, où se recensaient habituellement les victimes des pluies diluviennes. En bon soldat de l'ancien directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI), le successeur de Robert Beugré Mambé, n'a reculé devant aucun obstacle.

De Yopougon à Cocody, en passant par Attecoube, Cissé Bacongo a rasé tout ce qui avait besoin de l'être, question de sauver des vies à tout prix durant la saison des pluies de cette année 2024. Toutefois, au moment où les détracteurs de l'ancien maire de Koumassi commencent à saluer le travail de salubrité entamé en début d'année, les fortes précipitations enregistrées du jeudi 13 au dimanche 16 juin, ont fait autant, sinon plus de dégâts que les pluies de l'année dernière.

8 MORTS DEJA ENREGISTRÉS
Alors que plusieurs personnes restent encore introuvables après la "pluie exceptionnelle'' de jeudi dernier, le bilan provisoire dressé par le Groupement des sapeurs pompiers militaires (Gspm) fait, pour l'heure, état de 8 morts. A ce triste bilan humain, s'ajoute d'importants dégâts matériels, comprenant entre autres des immeubles effondrés, des maisons inondées, des véhicules emportés... Selon des spécialistes qui se sont penchés depuis longtemps sur ces épisodes de pluies désastreux, ces intempéries mortelles sont dû à plusieurs facteurs.

« Premièrement, les changements climatiques mondiaux jouent un rôle important. L'augmentation des températures globales entraîne une évaporation accrue des océans, ce qui augmente la quantité de vapeur d'eau dans l'atmosphère. Cette vapeur d'eau supplémentaire se condense sous forme de précipitations intenses lors des épisodes de pluie. Les modèles climatiques prévoient une intensification de ces événements météorologiques extrêmes à mesure que le réchauffement climatique progresse.

LES EXPLICATIONS
Deuxièmement, la situation géographique d'Abidjan, située près de l'équateur et bordée par l'océan Atlantique, la rend particulièrement vulnérable aux perturbations météorologiques. Les systèmes de mousson et les fronts intertropicaux contribuent à des précipitations abondantes dans la ville. En période de fortes activités orageuses, les vents côtiers et les conditions atmosphériques favorisent la formation de nuages denses et de fortes averses. Troisièmement, l'urbanisation rapide et souvent non planifiée d'Abidjan a conduit à une augmentation des surfaces imperméables telles que les routes et les bâtiments.

Cela réduit l'infiltration naturelle de l'eau dans le sol et accroît le ruissellement des eaux pluviales. Les systèmes de drainage, souvent inadéquats ou obstrués par les déchets, ne peuvent pas gérer efficacement ces volumes d'eau accrus, entraînant des inondations », explique un expert, qui pointe en plus le fait que « la déforestation et la destruction des zones humides autour d'Abidjan réduisent la capacité de l'environnement à absorber l'excès d'eau. Les zones humides jouent un rôle prépondérant dans la régulation des flux d'eau, et leur destruction contribue à l'augmentation des inondations ».

LES RESPONSABILITÉS DES GOUVERNANTS
« Les pluies diluviennes qui s'abattent sur le district d'Abidjan plongent la capitale économique dans la désolation. Les récurrents inondations et éboulements ont toujours posé le problème des canalisations. Alors qu'elles ont été réalisées uniquement pour l'écoulement des eaux de pluie, elles se trouvent bouchées ou obstruées par des déchets solides de toutes sortes (ordures ménagères, appareils ménagers et autres). Sans compter qu'elles servent également aux eaux usées et aux incommodités liées aux latrines. La raison : les caniveaux, en Côte d'Ivoire, sont à ciel ouvert.

L'État utilise des opérations, sans lendemain, de curage de caniveaux pour essayer d'enrayer tout ce qui favorise le développement des vecteurs de maladies, comme le paludisme et la fièvre typhoïde, par les mouches et les moustiques. Mais, dans la finition des travaux d'infrastructures routières, l'État refuse de prendre le taureau par les cornes : la fermeture des canalisations avec des dalles », analyse de son côté un éditorialiste ivoirien, sur son blog.

RATTRAPÉS PAR LA DÉMAGOGIE CONTRE GBAGBO
Si ces arguments paraissent convaincants, notamment en ce qui concerne le réchauffement climatique, la responsabilité du régime Ouattara n'est pas moins engagée concernant l'urbanisation non-maîtrisée dans la capitale économique ivoirienne, sans oublier la déforestation à laquelle le Rhdp refuse manifestement de trouver une solution en amont. Car, dans l'opposition, Alassane Ouattara s'était engagé en deux temps, trois mouvements à trouver une solution durable au problème des inondations à Abidjan.

Critiquant la mauvaise utilisation des fonds empruntés pour les travaux et la qualité des ouvrages réalisés par son prédécesseur, l'actuel locataire du palais présidentiel avait promis de faire mieux que Laurent Gbagbo. S'il est vrai qu'il a pu venir à bout du carrefour Indenié, après plusieurs tentatives infructueuses, le reste des engagements d'Alassane Ouattara restent toujours au stade de promesse. Outre les démolitions de quartiers dit précaires confiées à Cisse Bacongo, les réponses aux problèmes des inondations à Abidjan, ont consisté à la pose de béton et de bitume. Des ouvrages qu'il faut que très peu de temps aux pluies diluviennes à emporter.

Générations Nouvelles
source : afriksoir.net

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